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Vous adresser mes meilleurs voeux

L’habitude de dessiner, ou se donner un rythme de travail
Ressentir l’acte de dessiner

L’artiste se définit à travers la réalisation de l’œuvre. L’acte de dessiner, et le produit de l’œuvre en font partie.
Lorsque dessiner devient naturel, les dessins deviennent expressifs, ils deviennent un « langage » pour vous, une manière de parler, centré sur des émotions profondes. Dès que vous accédez au « langage » du dessin, vous avez votre propre « accent », vous ne pensez plus au dessin, ou à l’exécuter, vous pensez à ce que vous ressentez dans l’acte de dessiner.
L’idée est de s’orienter sur des exercices qui vous incitent à dessiner pour vous exercer, pour suivre un cheminement et non obtenir un résultat.
Bien sûr, la réussite de ces exercices indiqueront votre progression mais celle-ci ne nécessite pas un succès immédiat. Profitez de ces exercices pour améliorer votre gestuelle, votre lâcher prise, tout en laissant la main et votre œil faire leur travail.
Petits exercices pratiques :
Si vous n’avez pas de modèle chez vous pour dessiner, faites poser votre main. Vous verrez, c’est très formateur ! De même, exécutez des exercices simples, qui demanderont de moins en moins de concentration au fur et à mesure.
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- Exercice de la globalité
Exercez-vous à reproduire le contour d’un objet/du modèle (sans faire les traits à l’intérieur du corps), sans regarder votre feuille et sans détacher la pointe de votre crayon de la feuille tout au long de cet exercice. Habituez-vous à conceptualiser la globalité. Tracez le plus fidèlement possible les angles aigus/doux, les bosses, les creux… sans essayer de terminer le corps. Faites seulement un côté par exemple. Puis observez votre travail et essayez de déterminer ce qui se rapproche de la réalité ou non. Vous aurez des informations importantes sur la façon dont vous conceptualisez le corps, ou l’objet. - Important
Ne passez pas votre temps à corriger vos tracés. Accueillez l’idée que le dessin ne sera pas juste, laissez-vous guider par votre main. Cet exercice permet d’harmoniser votre perception visuelle et la gestuelle de votre main qui dessine.
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D’autres exercices sont à venir. Ils ont le même but, et ne se destinent pas à vous faire « produire » des dessins. Ils vous destinent à vous faire ressentir « l’acte de dessiner« , tout en travaillant votre capacité à observer.
De la santé dans le dessin : Le corps et l’esprit travaillent ensemble

Vous est-il déjà arrivé de vous concentrer vigoureusement, les yeux rivés sur votre modèle, de courber votre dos et de constituer une tension importante dans votre corps, de vous retrouver le poignée figé, lié, possédé par l’acte de bien réussir ce que vous lui avez demandé de réaliser?
La tension oculaire chez l’artiste, c’est récurrent. En témoigne Joseph Garibaldi, peintre de la fin du 19ème début 20ème. Il est devenu un artiste du post-impressionnisme malgré lui. La tension dans les poignées témoignent de l’impuissance que nous pouvons parfois ressentir lorsque le dessin ne donne pas ce que nous voulons. Le dos, s’immobilise, et les épaules toisent les oreilles, vous atteignez la crispation à son paroxisme.
L’approche du dessin est un état d’être. Ce qui va en sortir de plus profond, c’est une réciprocité, ce qui va en ressortir de plus effervescent, c’est de gagner du style. Être artiste, c’est vivre cet état d’être au moment de la création, on s’identifie au modèle, la mouvement de la main est fluide. Ce sont des éléments qui prédisposent que le corps et l’esprit soient inextricablement connectés. Il n’y a pas de distinction tranchée entre le mental et le physique. L’un comme l’autre va conditionner l’état de l’artiste. Comme l’artiste devient conscient que le mental et que le physique le conditionne, il ne peut qu’admettre que la canalisation d’un de ces deux aspects renforcent l’un et l’autre et accélère son développement. L’artiste s’offre une condition optimum pour la pratique du dessin s’il réduit, par exemple, considérablement ses tensions physiques. La tension déforme la réception de l’impression, du champ d’information, et tend à immobiliser le caractère fluide du mouvement des yeux et réduit son champs de vision. Il empêche la précision, la rapidité, et la souplesse dans la main. Les yeux sont des instruments faits pour la mobilité. Cela ne veut pas dire qu’il faut le forcer à fixer son attention pendant longtemps. Quand il y a tension, nous perdons cette subtilité évanescente que nous offre la perception visuelle. Les yeux sont comme l’eau, essayer de se concentrer en permanence de manière précise c’est comme essayer de maintenir un liquide dans la main, plus nous serrons le poing, et moins le liquide reste dans la main. Il s’échappe.
Mon conseil
1 – D’abord, de manière très protocolaire, prévoyez un break entre les deux heures de pose du modèle vivant, si deux heures il y a.
2 – Tentez de défocaliser le regard pour absorber les images dans la conscience, sans intensité. Le désir de posséder ce que l’on voit nous fait perdre très rapidement toute capacité à saisir ce qu’il y a à saisir.
3 – Regardez le plus loin possible, là où c’est possible, toutes les 20 minutes.
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